Mémorial de Caen : POP Années CHOC 1960-1975

 

Vingt adhérent(e)s ont eu le plaisir de découvrir une nouvelle exposition au Mémorial de Caen qui leur a donné l’occasion de poursuivre l’exploration artistique et historique initiée avec La libération de la peinture 1945-1962, que nous avions visitée en octobre 2020.

 

Cette exposition a été conçue à  partir d 'œuvres  représentatives de "la figuration narrative "issues de la Fondation Gandur pour l‘ Art et des collections  du Mémorial  .

10 sections thématiques présentent près de 70 œuvres de 26 artistes français et européens qui interrogent l’histoire en marche : Guerre du Vietnam (Jacques Monoury, Bernard Rancillac) - Guerre Froide (B. Rancillac, Hervé Télémaque) - révolution culturelle chinoise (Giangiacomus Spadari) - les procès tardifs des Nazis en Allemagne (Erró)- le Franquisme (Eduardo Arroyo)- mais aussi les mouvements sociaux : Mai 1968 (Maurice Henry) – mouvements ouvriers (Gérard Schlosser) – luttes contre la ségrégation raciale (B. Rancillac ou pour l’égalité des sexes (Eulàlia Grau , G. Schlosser), Fernand Teyssier, Allan Jones) - société en pleine mutation : consommation et tourisme de masse (Gérard Fromager, Christian Babou, G. Schlosser).

Tous ces artistes utilisent un certain nombre de codes issus du cinéma, de la BD ou de la publicité et les supports sont variés : huile sur toile, acrylique sur toile, peinture glycérophtalique sur toile ou panneaux de bois aggloméré sablés, dans des teintes vives et très colorées.

 

Après avoir partagé un repas, les Amis ont pu visiter à leur rythme les autres expositions permanentes du Mémorial et voir le nouveau film 360° immersif « L’Europe, notre histoire » de 1914 à 1991.

Belle journée , que ce vendredi 27 octobre 2023 ,  pour clôturer les activités des Amis des musées.

 

 

Pascale Heurtevent.

 photos de Pascale et d'Evelyne

(cliquez pour les agrandir )

 



 

                                              Avec Debon, Guillaumin, Valtat et autres peintres.

 

     Sans doute auraient-ils préféré un ciel nuageux, à la Boudin, les peintres pré -impressionnistes de

Carolles, dont nous avons suivi les traces, le 2 juin 2023 .

     Mais notre groupe de vingt personnes, lui, a savouré le beau temps, invité à cette sortie!

 

     Comme promis depuis notre dernier dimanche au musée le 2 octobre 2022, Madame Monique Gilbert, avec un sens parfait de l'organisation et beaucoup d'érudition nous a guidés du bourg jusqu'à la vallée du Lude, la Croix Paqueray, la cabane Vauban-avec vue sur le Mont Saint-Michel-en passant par la vallée des peintres, ses chemins aux noms pittoresques , son viaduc et ,pour une pause déjeuner, la plage.

     Des hôtels locaux, où ont débuté Hulda Schenson ou Per Ekström aux villas-ateliers de Pierre Berthelier, Maxime et Jacques Simon, la vie des artistes s'est déroulée au gré des 20 lutrins représentant leurs œuvres, dans des paysages  qu'il a fallu imaginer moins luxuriants au XIXème siècle.

     Revenus à notre point de départ, l'église Saint -Vigor, peinte par l'aquarelliste René Durelle, nous avons suivi avec grand intérêt l'exposé de Madame Isabelle sur son histoire et son architecture.

 

     Fin de notre saison culturelle, mais début de saison estivale, cette belle excursion d'environ 8 kilomètres restera dans nos mémoires!

 

Marcelle Simon

Cliquez sur les photos (M.C.) pour les agrandir 


                                                                      De Beaumont-en-Auge à Saint-Lô.

 

     Mercredi 30 mai 2023, dernier rendez-vous de notre saison au musée d'Art et d'Histoire.

 

     Cindy, médiatrice culturelle a présenté à 15 adhérents des Amis des Musées le tableau de Puvis de Chavannes, dépôt récent du musée de Beaumont-en-Auge, créé en 1875 par le normand Edouard Krug, définitivement fermé en 2010.

     Notre guide a d'abord évoqué la vie et l'oeuvre de Puvis de Chavannes (1824-1898).

Cet élève d'Henry Scheffer et de Thomas Couture a initialement subi des refus au Salon, puis, influencé par la peinture décorative de Théodore Chassériau,  a trouvé sa voie et a été reconnu grâce à Concordia (La Paix) et Bellum (La Guerre) en 1861. Ses peintures allégoriques ornèrent alors le grand escalier et une des galeries du musée de Picardie à Amiens. Puvis de Chavannes fut considéré comme un des précurseurs du symbolisme, sans qu'il adhère à  cette classification.

 

     Impossible d'évoquer le symbolisme sans se référer à Gustave Moreau, dont notre musée possède La mort de Sapho, magnifique petit format offert par l'artiste à Octave Feuillet en 1876, par l'intermédiaire de Flore Singer, amie du couple Feuillet .

Son analyse par Cindy fut donc une étape obligée avant de passer au sujet traité par Puvis de Chavannes en 1874: Entrée de Charles Martel à Poitiers après sa victoire sur les Sarrasins en 732.

 

     Il s'agit d'une esquisse en grisaille. La peinture aboutie de grandes dimensions trône dans la cage de l'escalier principal de l'hôtel de ville de Poitiers. Si l'on compare l'esquisse au tableau définitif et à deux études préalables à la plume, mises au carreau (le groupe des vaincus) on constate quelques différences affectant le décor,  les personnages, et surtout le style, moins fougueux avec l'application de la couleur .

Armé d'une hache, Charles Martel sur son cheval, après la victoire, reçu par l'évêque de Poitiers, voilà une mise en scène affermissant le pouvoir spirituel et définissant cette bataille comme une victoire du christianisme.

 

     Réalisée quatre années après la défaite française dans la guerre contre la Prusse, cette œuvre n'a- t-elle pas eu valeur de revanche en élaborant un grand mythe national?

 

 

     A l'issue de cet intéressant exposé, les adhérents qui le souhaitaient ont pu s'immerger dans l'art de Jean-Pierre Le Fèvre.

Merci à la direction du musée pour cette double visite privée.

 

 

Marcelle Simon

 

En visite à Bayeux:"A year in Normandie"

 

           Samedi 11 mars, une vingtaine de personnes ont répondu à l'invitation des Amis des Musées de Saint-Lô pour redécouvrir, munis d'audio-guides , la célèbre Tapisserie de Bayeux (en  réalité une broderie) et découvrir l'oeuvre sur I Pad de David Hockney, "A year in Normandie" qui s'en inspire dans sa manière d' appréhender la chronologie, "en passant devant" , précise l'artiste.

 

            Le film de présentation explique ses deux influences:

La Telle du Conquest, qui relate la bataille d'Hastings en 1066, à l'issue de laquelle Guillaume le Bâtard  devint Guillaume le Conquérant, et fut couronné roi d'Angleterre 

et

les rouleaux chinois, sur lesquels le regard circule du haut vers le bas, puis vers les lointains et qui imposent une déambulation  "devant"pour en saisir le déroulement.

 

Quant à la  démarche du peintre,  elle commence par des dessins au feutre sur cahiers en accordéon -d'assez grand format-le premier réalisé en février-mars 2019-sur le motif: le jardin de sa propriété de Beuvron -en -Auge.

Trois ou quatre cahiers sont ensuite remplis en hiver par l'artiste, installé dans sa voiture .

Une version plus grande est effectuée sur papier avec des encres de couleurs et un assemblage est réalisé dans l'atelier.

Après quoi, ce sera la version sur I Pad, en utilisant les pinceaux numériques, technique pratiquée depuis une douzaine d'années.

 

Les périodes de  confinement ont permis à David Hockney de suivre le fil des saisons dans cette fresque de 40 mètres (la version originale, conçue pour le musée de l'Orangerie à Paris en comptait 90).

La première image montre l'hiver, puis, à la manière des impressionnistes, le paysage change  d'atmosphère. Suaves avec le printemps,  les couleurs explosent  dès l' été, flamboient en automne, dans la lignée des Fauves,  pour de nouveau se charger de gris et de blanc au retour de l'hiver.

 

Le visiteur, comme convenu ,"passe devant" ce passage des saisons, valorisé par des murs-cadres  peints en noir, éclairés par en dessous . Et en face de cette création  monumentale se trouve une reproduction de notre broderie à l'échelle 1/2.

 

Certes, admet l'artiste," il n'y a pas beaucoup d'éléments de la nature dans la tapisserie, à moins que nous ne fassions partie de la nature".

Cependant, nous y voyons quelques arbres, matériau de construction pour les bateaux de la conquête, et il est intéressant de comparer leur traitement dans les deux oeuvres.

 

      A l'instar de  l'exposition consacrée à Jean-Pierre Le Fèvre, cette  ronde des  couleurs a été une fête pour notre groupe d'adhérents.

     "Fou de dessin", tel était le surnom d'Hokusaï. Ne pourrait-il pas convenir à David Hockney?

    

 

Marcelle Simon

 

 


Couleurs d'une vie.

 

Un titre parfait pour célébrer l'oeuvre de Jean-Pierre Le Fèvre, saint-lois d'adoption et fêter ses 90 ans.

Mercredi 15 février, 23 adhérents des Amis des musées municipaux ont bénéficié d'une visite privée en trois temps, guidés par Cindy, médiatrice au musée d'Art et d'Histoire et accompagnés par Florentin, son nouveau collègue.

 

1-Dans le hall de l'hôtel de ville, l'espace s'élargit aux dimensions de la France, de l'Europe et de l'Asie.

Les bruns profonds valorisent la fulgurance bleue d'un vase norvégien ou la clarté de rochers en Bretagne.

Le blanc éclatant de murs au Portugal fait chanter l'ocre rouge de jarres échelonnées.

Royal, comme une trace de la Grande Muraille , le rouge explose dans les paysages chinois, effaçant l'idée du sang qui s'y associait depuis les bombardements de Caen, vécus à l'âge de six ans par le futur peintre.

 

2- L'intimité de la salle d'exposition de la médiathèque sied bien aux dessins et croquis

( parfois très petits), prémices des tableaux à l'acrylique représentant les rues, les églises, les monuments de la ville et des alentours.

L'artiste aimait crayonner, à l'abri des regards, dans un coin du marché, marchandes de fleurs et grilleurs de saucisses, paysans en blouse, bottes et casquettes, personnages typiques de la ruralité devenus silhouettes bien structurées mais sans traits distinctifs, à l'instar de son maître, Jeff Triboulet.

C'est en réponse à une critique («Tu ne sais pas dessiner les visages») qu'il a portraituré avec justesse les clients familiers des Sports ou du Club, cafés fréquentés dès son arrivée à Saint-Lô en 1973.

De quoi susciter, dans notre groupe, beaucoup de commentaires et de souvenirs!

 

3- Immersion dans la peinture, au musée d'Art et d'Histoire.

Une fois lancé, le spectacle immersif haut de gamme séduit l'oeil par ses images kaléidoscopiques, tandis que l'esprit fait son miel des paroles du peintre, énoncées posément, simplement :

«Exprimer une émotion devant la toile, rester soi-même, loin des modes et du marché de l'art», telle a été sa démarche.

Un beau témoignage humaniste!

 

Nous remercions Emmanuelle Siot, directrice des musées de Saint-Lô d'avoir réservé deux créneaux pour notre association.

 

Marcelle Simon

 

(Photos personnelles)